l'histiocytose ... une maladie rare
L’histiocytose langerhansienne,
une maladie rare
Dr Jean Donadieu
L'existence
des maladies rares pose un problème de société très
souvent mal appréhendé par le public et les autorités.
6 à 8 % de la population, soit environ 4 millions de personnes
en France, sont atteintes d'une maladie rare. Compte tenu de leur rareté,
et donc du manque d'expérience et d'information des praticiens,
leur diagnostic n'est pas toujours évident.
L'histiocytose
langerhansienne, bien que répertoriée depuis longtemps sous
des noms variés, reste encore à ce jour, peu ou mal connue.
Il est d'autant plus important de la faire connaître des praticiens
non-spécialistes que la précocité de son diagnostic est
un facteur essentiel au succès de son traitement.
L'un d'entre
eux, le Docteur Jean Donadieu, est pédiatre au service d'hémato-oncologie
du Professeur Leverger à l'hôpital Trousseau. Membre fondateur
du G.E.H. dont il fut Président de 1995 à 2001, il assure aujourd'hui,
au sein du bureau de cette association de chercheurs français, la coordination
du registre des patients. Il participe également aux activités
de l'association internationale Histiocyte
Society dont il est membre du bureau.
Il
a bien voulu répondre aux questions que l'Association Histiocytose
France (A.H.F.) lui a posées sur cette maladie rare.
La maladie
Le nom
Il y a deux termes dans Histiocytose langerhansienne.
Histiocytose désigne une maladie correspondant
à une prolifération d'histiocytes, cellules ayant la forme de
macrophages (catégorie de cellules du système immunitaire), quel
que soit l'organe atteint.
Langerhansienne
qualifie le type de cellules d'aspect macrophagique impliqué dans la
maladie. Dans le cas de l'histiocytose langerhansienne (H.L.), les cellules
pathologiques sont des cellules
de Langerhans localisées, à l'état normal,
au niveau de la peau, mais qui dans la situation de la maladie H.L., se localisent
parfois dans d'autres organes et sont responsables d'une série de
désordres.
Ce nom a lui-même toute une longue histoire. D'autres
noms ont été utilisés et le sont parfois encore :
Granulome à éosinophiles désigne
une tumeur des os dont l'aspect histologique est associé à
des cellules de Langerhans et à de nombreuses cellules réactionnelles,
particulièrement des polynucléaires éosinophiles.
La maladie de Hand-Shüller-Christian, du nom des
trois médecins qui l'ont décrite, est une forme clinique
que l'on rencontre chez l'enfant après un an. Cette forme associe
des tumeurs osseuses (granulome à éosinophiles), localisées
au niveau du crâne, à un diabète insipide et une exophtalmie
(yeux semblant sortir du crâne).
La forme de Letterer-Siwe est une forme du nouveau-né
décrite par deux médecins dans les années 20. Cette forme
comporte une atteinte hématopoïétique de la moelle osseuse,
des os, du foie, de la rate. C'est une forme très sévère
qui met en jeu la vie de l'enfant en l'absence de traitement.
La forme de Hashimoto-Pritzker correspond à
une forme cutanée pure du tout petit enfant. Elle est réputée
être régressive spontanément.
Ces entités diverses ont été rassemblées
en 1953. Il s'avère en effet que celles-ci, très différentes
dans la présentation clinique, présentent toutes un aspect identique
sur le plan tissulaire, c'est-à-dire une accumulation d'histiocytes.
Dans la mesure où le type d'histiocytes impliqués n'était
pas déterminé, ces entités ont été désignées
par le terme Histiocytose X (histiocytes d'origine inconnue).
En 1973, des chercheurs français, Mme Basset
et M. Nezelof ont rattaché cette maladie à une cellule de la peau,
la cellule de Langerhans, qui porte le nom d'un médecin allemand,
Paul Langerhans ; il l'avait décrite dans les années 1870.
C'est, à l'état normal, une cellule localisée dans la peau
qu'il avait rattachée initialement au système nerveux, en
raison de sa forme : en effet, elle présente normalement des ramifications -
comme de multiples bras - (morphologie dendritique, du grec dendron,
arbre).
On a compris que cette cellule de Langerhans était
vraiment le cœur du problème dans différentes entités.
D'où le nom d'Histiocytose langerhansienne.
Localisations
La maladie prend de très nombreuses formes. Elle peut
atteindre tous les organes du corps même si la cellule de départ
est, à l'état normal, localisée au niveau de la peau
; à l'état de maladie, on la retrouve dans de nombreux organes.
La localisation la plus fréquente
est osseuse. Dans les os, le
symptôme qui conduit à découvrir cette maladie est la douleur,
ou parfois des fractures dites pathologiques parce que survenant sans effort
particulier. Dans ce cas, la maladie au niveau des os est caractérisée
par une image radiologique très particulière qu'on appelle
une lacune osseuse et qui ressemble à un trou dans l'os. C'est
la première localisation par la fréquence.
La localisation qui vient au deuxième
rang, par la fréquence, se situe au niveau de la peau. L'atteinte
cutanée peut présenter plusieurs aspects. Le plus fréquent
est constitué par des croûtes de lait sur le cuir chevelu des nouveau-nés.
Elle peut aussi prendre la forme d'une éruption parfois dite pétéchiale
: de petits points violacés sont répandus sur la peau. On peut
encore trouver un aspect de pseudo varicelle (bien entendu non liée au
virus de cette maladie).
Dans les autres organes, la maladie s'exprime de façon
tout à fait différente.
Par exemple, au niveau
du poumon, elle peut se manifester par une gêne respiratoire,
et en radiographie par ce qu'on appelle un infiltrat (lésion
pulmonaire très diffuse) ou par des bulles.
Si elle atteint le foie, elle entraîne des dysfonctionnements
de cet organe, et son grossissement décelable à la palpation.
Elle peut se manifester au niveau de la moelle des os.
Elle peut se localiser au niveau du système endocrinien,
avec en particulier une entité appelée diabète insipide.
Il s'agit d'un manque de contrôle de la perte urinaire d'eau
avec compensation par des boissons abondantes, ou, en jargon médical
une polyurie-polydipsie, n'ayant rien à voir avec le diabète
sucré dû à un manque d'insuline.
Les localisations neurologiques sont exceptionnelles. Elles
présentent soit un aspect de tumeurs cérébrales (de "boules"
dans le cerveau) ; soit des aspects considérés comme dégénératifs,
avec en particulier un syndrome cérébelleux entraînant un
problème de coordination de la statique, de la marche (comme dans un
état ébrieux).
Globalement, la plupart des localisations sont uniques (celles
de l'os et de la peau en particulier).
Mais pour chaque personne impliquée, cela peut être
différent. Il y a quelques formes où la maladie atteint plusieurs
organes. On les dit multisystémiques. Ces formes posent avec le plus
d'acuité le problème du traitement, car la maladie peut alors
être dangereuse pour la santé de l'enfant, et parfois même
pour sa vie.
Nombre de cas en France
Le nombre de nouveaux cas est estimé à environ
50 par an chez les enfants en France. La durée de la maladie est un peu
difficile à prévoir parce qu'elle varie de quelques semaines
pour certaines formes (atteinte osseuse unique) à plusieurs mois. Il
existe des formes à rechutes qui sont un problème très
préoccupant pour ces personnes, de par la nécessité d'une
prolongation des soins. Aujourd'hui, il doit y avoir à peu près
200 à 300 personnes concernées en même temps par la maladie
active.
Cette maladie peut atteindre les adultes. Des enfants ont
atteint l'âge adulte avec cette maladie et continuent d'avoir
des localisations. C'est un tout petit nombre, mais ça existe. Il
y a aussi les adultes qui déclenchent une maladie en tout point similaire
à celle de l'enfant. Il y a enfin une forme de l'adulte qui
est tout à fait remarquable parce que très liée au tabac.
Le tabac a beaucoup d'inconvénients ; mais en plus, certaines personnes
ayant probablement une susceptibilité à le faire, présentent
une atteinte pulmonaire caractérisée par une gêne respiratoire,
par des accès de toux, par ce qu'on appelle des pneumothorax (présence
d'air dans la plèvre) et des douleurs.
Origine de la maladie
Elle reste mystérieuse pour l'instant. Sa rareté
laisse supposer qu'il existe des facteurs de susceptibilité individuelle.
Mais à ce jour, on ne connaît pas de facteurs de susceptibilité,
et la survenue de la maladie semble aléatoire. Le seul facteur favorisant
a été observé chez l'adulte et il s'agit du tabac.
Mais il est vrai que si l'on considère le nombre de personnes qui
fument, on ne compte que quatre ou cinq cas par an de cette forme pulmonaire,
ce qui suppose là aussi un facteur individuel favorisant.
L'origine virale a été suspectée
depuis le début de la description de la maladie. Un des arguments en
faveur de cette hypothèse tient à la fonction immunitaire des
cellules de Langerhans qui constituent un des premiers maillons de la défense
anti-infectieuse (ce sont des cellules dites présentatrices d'antigène).
Mais malgré les très nombreux travaux effectués, aucune
infection virale n'a été mise en évidence de façon
récurrente chez ces patients.
Diagnostic
Une prise de sang n'est jamais suffisante. De très
nombreux symptômes conduisent à poser la question du diagnostic
d'histiocytose, selon les organes atteints. Dans tous ces cas, le diagnostic
repose sur l'analyse au microscope d'un fragment du tissu malade (
examen
anatomo-pathologique), par exemple l'os dans le cas d'une
lacune osseuse. Une fois le diagnostic affirmé sur un tissu, il n'est
pas, le plus souvent, nécessaire de refaire des biopsies des autres tissus.
Prise en charge et traitements
La prise en charge
Elle dépend des symptômes qui sont au premier
plan et qui conduisent le patient, l'enfant, à consulter un médecin.
De très nombreux spécialistes peuvent être impliqués
pour le diagnostic ; ces derniers peuvent parfois prendre en charge complètement
le patient selon la situation : par exemple, les dermatologues (spécialisés
dans les problèmes de peau), les orthopédistes (chirurgiens spécialisés
dans les maladies osseuses), les endocrinologues (qui peuvent être conduits
à découvrir un diabète insipide) sont différents
spécialistes qui peuvent être impliqués complètement
ou pour partie dans la prise en charge de cette maladie.
La difficulté suivante est de décider d'un
traitement particulier. Je pense surtout à la chimiothérapie (types
de traitements usuellement utilisés contre le cancer). Quand on a recours
à ce type de médication, ces enfants ou ces adultes vont consulter
des services de cancérologie. Mais ce n'est pas pour autant que
cette maladie est un cancer. Ces services sont amenés à voir et
à traiter les formes les plus sévères, qui mettent parfois
en jeu la vie des enfants, cette maladie étant, avant tout, une maladie
de l'âge pédiatrique.
Les traitements
On se sert de médicaments utilisés pour d'autres
maladies, mais selon des schémas thérapeutiques spécifiques.
En fait, on structure le traitement d'une façon qui est particulière
à l'Histiocytose langerhansienne.
Pour entrer dans le détail, c'est une maladie
très hétérogène, qui peut atteindre de très
nombreux organes ; qui a une évolution très variable d'une
personne à l'autre, d'un enfant à l'autre. La première
considération importante, c'est que le traitement doit être
adapté à la sévérité de la maladie et à
son profil évolutif. Cela explique que souvent la première étape
du traitement est une étape d'observation et d'attente. Ceci
est peut-être un peu difficile à accepter quand on est patient,
mais cette étape est indispensable parce qu'il y a des formes qui
peuvent auto-involuer ou s'arrêter toutes seules.
Quand un traitement s'avère nécessaire, il doit
être proportionnel à la gravité de la maladie. Il faut donc
vraiment réfléchir au cas par cas ; ou du moins essayer de
faire des catégories de patients à traiter de façon un
peu homogène, tout en tenant compte de la gravité potentielle
de chaque cas. Le schéma thérapeutique doit associer différentes
approches :
Pour la peau, on utilise une chimiothérapie spécifique
qui consiste en l'application de caryolysine. C'est un traitement
qui rend de grands services pour les lésions cutanées.
Dans les formes vraiment agressives de la maladie, on envisage
des associations de médicaments. Parmi ces médicaments, on retrouve
de façon presque obligatoire deux médicaments, la cortisone
ou les dérivés de la cortisone ; et la vinblastine
- qui est un alcaloïde -, médicament dérivé
d'une plante, la pervenche de Madagascar. Cette vinblastine a été
synthétisée et expérimentée pour la première
fois dans les années 60. On a donc assez de recul pour savoir que ce
médicament est en général parfaitement toléré,
qu'il n'est pas dangereux sur le long terme, qu'il a quelques
effets secondaires à court terme qu'on peut maîtriser. Il
est donc possible de l'utiliser assez facilement chez les enfants et pendant
tout le temps qu'il faut pour traiter et venir à bout de cette maladie.
Des traitements de deuxième ou troisième ligne
sont à mettre en œuvre si l'on voit que la deuxième
approche n'est pas suffisante. On entre ici dans des détails que
je ne développerai pas.
En résumé, le traitement, si la décision
d'abstention thérapeutique n'est pas retenue, sera soit un
traitement local par caryolysine, soit un traitement par vinblastine et corticoïde
de première intention ; ensuite, il faudra voir en fonction de la
réponse et de l'évolution sous ces traitements.
La recherche clinique
Il existe effectivement un travail de recherche clinique
par lequel on essaye d'avoir une vision non pas sur un individu mais sur
un ensemble d'individus caractérisés par différents
symptômes.
Une fois ce travail préliminaire effectué, il
est possible d'orienter le traitement de façon la plus rationnelle
possible compte tenu de ce que l'on sait aujourd'hui. Peut-être
y aura-t-il un jour des techniques pour orienter rapidement le traitement. Mais
aujourd'hui, on se sert des éléments recueillis par l'examen
clinique (l'observation de l'enfant) et par des examens complémentaires
: scanners, éventuellement IRM, et différentes prises de sang.
En fonction de ces éléments, on stratifie, on organise le traitement
selon différents groupes de patients ; on décrit deux groupes
ou trois groupes de patients.
Pour certains, on décide de ne rien faire, et on observe.
Il s'agit en général de formes osseuses isolées. Il
y a des formes intermédiaires où l'on voit que la maladie
est quand même assez active, en particulier dans les formes osseuses où
plusieurs os sont atteints ; ou des formes osseuses qui menacent éventuellement
l'œil ou la colonne vertébrale. Dans ces cas-là, on
met en route un traitement, mais d'intensité modérée.
Puis, il y a les formes les plus sévères d'emblée
qui sont les formes du tout petit enfant où existe une atteinte du poumon,
du système sanguin. Ces atteintes sont potentiellement graves pour l'enfant.
Pour ces cas-là, on a intérêt à mettre en route sans
délai un traitement assez vigoureux.
La loi Huriet
Tous ces traitements se font en France dans le cadre d'une
législation commune à toute approche thérapeutique qui
se veut innovante, et dont l'objectif est d'essayer d'améliorer
les connaissances sur une maladie. Il s'agit de la loi Huriet. Pour
toute étude, nous devons au préalable enregistrer le protocole,
et avoir l'accord d'un comité d'éthique. Cela représente
une série de barrières mises à la pratique médicale
et rend nécessaire une transparence dans l'approche. Cela motive
d'ailleurs une demande de consentement auprès de la famille qui
accepte les tenants et les aboutissants du traitement. Elle doit être
expliquée en détail aux personnes concernées.
Les partenaires de la recherche
La Société française des cancers de l’enfant
Concernant l'histiocytose langerhansienne, le projet
est porté par un groupe de médecins. Au départ, nous sommes
tous issus de la Société française d'oncologie
pédiatrique qui s’est transformée en 2002 en
Société française des cancers de l’enfant.
Cette organisation regroupe les différents services de France qui soignent
les enfants qui, pour parler schématiquement, traitent des enfants souffrant
d'un cancer. Ces praticiens, dans ce réseau qui compte à peu près
trente-cinq centres en France, étaient confrontés au problème
du traitement de différentes maladies. Ils se sont progressivement différenciés
en sous-groupes de travail. L'un de ceux-ci est un groupe collégial
qui réfléchit à améliorer le traitement pour les
patients atteints d'histiocytose et qui s'est dénommé
Groupe d'étude des histiocytoses.
Par la suite, d'autres composantes se sont associées
à ce noyau, et tout particulièrement des médecins d'adultes,
des médecins internistes (les généralistes hospitaliers
à même de recevoir des patients adultes) et d'autres spécialistes.
Le Groupe d'Etude des Histiocytoses (G.E.H.)
Le
G.E.H.
est une structure française qui fédère des médecins
impliqués à différents titres dans la prise en charge des
patients, ou dans la recherche biologique sur cette maladie. Le groupe compte
des pédiatres essentiellement oncologues ou hémato-oncologues,
un endocrinologue (spécialiste des hormones), des dermatologues, des
biologistes concernés par l'expertise de la maladie (anatomo-pathologistes),
et des chercheurs biologistes qui peuvent venir travailler avec nous. L'intérêt
de travailler dans une petite association très spécifique de la
maladie, est de mettre en commun nos moyens, et d'essayer d'organiser
le réseau de médecins qui n'appartiennent pas forcément
au groupe, mais sont amenés à suivre des patients. Cela permet
à ces médecins d'avoir des informations les plus à
jour possible sur cette maladie, de rassembler, de drainer aussi les prélèvements
pour la recherche.
Il existe un consensus international concernant les protocoles
de soins. Nous avons tous fait un constat : l'histiocytose langerhansienne
est clairement une maladie rare. Un trop petit nombre de patients (environ 50
nouveaux cas en France par an) ne permet pas de donner, dans un délai
raisonnable, la réponse à un essai thérapeutique ou à
une proposition d'amélioration d'un traitement. C'est une situation
tout à fait objective qui nous pousse à nous mettre d'accord
avec nos voisins également confrontés à la même problématique.
Cela rend nécessaire un langage commun. On a par conséquent besoin
de travailler ensemble. Cela se réalise dans la Société
Histiocytaire internationale (H.S.). Cette organisation de praticiens et
chercheurs a été fondée il y a une dizaine d'années.
Elle est implantée dans la plupart des pays occidentaux, et a aussi quelques
contacts avec des pays en voie de développement, là ou l'état
de la médecine permet de répondre aux situations de première
urgence des maladies plus fréquentes, en particulier des maladies usuelles
pédiatriques. La société histiocytaire a déjà
permis de réaliser des projets dans plusieurs pays. La collaboration
de huit pays a permis, par exemple, de faire aboutir un essai thérapeutique
par lequel on a pu répondre en trois ans à une question que l'on
se posait.
La recherche fondamentale
Elle avance mais très lentement pour plusieurs raisons liées
à la maladie elle-même. Usuellement plusieurs moyens existent
pour faire progresser les connaissances sur les maladies. Un des moyens est
le modèle animal de la maladie qui correspond exactement à la
maladie humaine. Mais cela n'est pas réalisable dans le cas de
l'histiocytose. L'autre moyen est la culture des tissus porteurs
de la maladie ; mais en raison de contraintes biologiques, nous n'arrivons
pas à reproduire cette maladie en éprouvette. On est donc obligé
d'avancer sur des prélèvements faits lors du diagnostic.
Cela nous oblige à travailler sur de toutes petites quantités
de tissus. Il faut avec cela essayer de débobiner tous les fils de
cette maladie. Ce n'est pas quelque chose de très simple. Et ce
l'est d'autant moins que cette maladie étant rare, ces prélèvements
sont dispersés. Il y a donc toute une série de problèmes
d'ordre logistique à résoudre avant de commencer à
réfléchir sur le fonctionnement de cette maladie.
En 2005, les travaux de recherche fondamentale se sont fédérés,
avec le réseau de recherche clinique pour un projet dénommé
EPILCH2005. Il associe le réseau clinique (c’est-à-dire
le registre des patients), et 3 équipes de recherche, une d’épidémiologie
(registre des leucémies et lymphomes de l’enfant), une de virologie
(Unité Inserm, Madame Joab, Hôpital Saint-Louis) et une d’immunologie
et de génétique impliquée dans des travaux sur les cellules
dendritiques (Unité Avenir Inserm, Laboratoire d’Anapath, Docteur
Geissmann, Hôpital Necker).
Ce projet de 3 ans est financé par le GIS maladies rares et des fonds
de l’Agence Nationale de la Recherche. Il vise à connaître
les déterminants de l’apparition de l’histiocytose.
Impact de la recherche sur la cellule de Langerhans
Cette question concerne la biologie et l'immunologie.
Parmi les cellules du sang on trouve les globules blancs, chargés de
la défense immunitaire. C'est un ensemble complexe de cellules qui
ont des rôles variés dans le système immunitaire. Par exemple,
dans certains cas, celui-ci agit de façon très spécifique
- c'est-à-dire que le système est dirigé contre un
“microbe”ou une substance particulière. Ce type de défense
est celle stimulée par les vaccins. Schématiquement elle repose
sur les lymphocytes qui sont présents dans le sang et dans les ganglions.
Il existe aussi des fonctions peu ou pas spécifiques, dirigées
contre des microbes ou des substances étrangères au corps sans
distinction. Ces fonctions sont prises en charge par d'autres globules
blancs, en premier lieu les polynucléaires neutrophiles, mais aussi les
monocytes.
Dans les faits, le système immunitaire suppose une
coopération de ces différents acteurs. En particulier, la défense
immunitaire spécifique (assurée par les lymphocytes) suppose une
mise en action d'une partie du système immunitaire non spécifique.
Celle-ci est constituée par les cellules dites présentatrices
d'antigène ; ce sont très précisément
les cellules dites dendritiques, dont font partie les cellules de Langerhans.
L'importance de ces cellules présentatrices d'antigène
a été longtemps ignorée car elles sont difficiles à
étudier. Mais il s'avère qu'elles ont une part importante
dans plusieurs situations, par exemple dans la défense contre les infections
par certains microbes comme la tuberculose, mais aussi dans le cancer. Il se
trouve que l'histiocytose langerhansienne est pratiquement la seule maladie
humaine de ce système cellulaire. Arriver à comprendre cette maladie
représente un outil fort utile pour comprendre la biologie de ces cellules
et les moyens de les réguler, dans le cas de l'histiocytose langerhansienne,
mais aussi, pourquoi pas, dans d'autres circonstances bien plus fréquentes
comme la défense immunitaire anticancéreuse par exemple.
L'impact potentiel de la compréhension de ce type de maladies apparaît donc assez large.
Décembre 2002
Mise à jour février
2006
Ce texte est retranscrit de la vidéo-interview du Docteur Jean
Donadieu,
réalisée, en septembre 2001, par l'Association Histiocytose France.
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Article ajouté le 2008-04-04 , consulté 258 foisCommentaires
nath le 07/08/2008 à 19:36:36
bonjours j ai une histiocytose x pulmonaire depuit cinq ans je travail dans un centre de tri et depuis un ans il on mi une climatisation et j ai beaucoup de mal a la supporter car je respire mal il y a t il des risques je vous remercie de me repondre cordialement votre cite et tres bien expliquer merci nathalie .
jeanne le 10/08/2008 à 12:17:12
Si vous allez sur le site de l'Association Histiocytose france d'où l'interview ci-dessus est extraite c'est à dire www.histiocytose.org vous aurez des contacts médicaux fiables car du centre de référence pour l'histiocytose.
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